Syndicat International des Vignerons en Culture Biodynamique

 

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Philippe Jean COULOMB
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Doyen Honoraire des Universités, lauréat de l’Institut de France

Laboratoire ENIGMA

s’exprime sur la culture bio-dynamique

Pourquoi une agriculture bio-dynamique ?

En un siècle, les pratiques culturales de l’agriculture ont considérablement évolué. Au début du XXe siècle et avant, il existait une culture naturelle avec des rendements et une rentabilité faibles faisant appel à une technologie traditionnelle ancestrale. À la fin du XXe, on a assisté à un apport massif du chimique et du génétique, des rendements et une rentabilité forts, des cultures et des élevages intensifs, des technologies sophistiquées, une économie dirigée. La mondialisation a engendré une incohérence des échanges et la disparition de secteurs entiers. En outre, l’absence du principe de précaution a eu des conséquences dramatiques sur l’environnement et la santé humaine. Le principe de certitude scientifique a vécu !

En ce début de XXIe siècle un bilan rapide et non exhaustif peut être dressé sur :

  La santé :

L’emploi abusif de pesticides qui se concentrent dans les végétaux puis dans le corps et en particulier dans le lait maternel (lindane) provoque des allergies, un affaiblissement du système immunitaire, l’altération de la spermatogenèse.

Les molécules de synthèse induisent des effets non intentionnels (hormones antigermes entraînant des déformations du système nerveux central des fœtus), pandémies transespèces (prion de la vache folle, grippe aviaire…), modifications génétiques des organismes (OGM) dont l’impact sur la santé et sur l’environnement est impossible à prévoir.

 

  Le végétal cultivé :

« L’amélioration génétique des végétaux » a conduit à un système pervers : le rendement quantitatif (et les gâchis qu’il entraîne) a pris le pas, dans tous les domaines de la production, sur le qualitatif du produit. D’excellentes variétés ont complètement disparu, d’autres survivent dans des conservatoires génétiques. L’ensemble des variétés dites « améliorées » ont perdu leurs valeurs premières (nutritionnelles, de sapidité et de résistance aux pathogènes) que les chercheurs tentent de récupérer par « ogémisation ».

 

  La qualité des produits :

Banalisation du goût, produits insipides cueillis verts piqués aux diphényles (agrumes), conservateurs et adjuvants chimiques dont l’innocuité est loin d’être assurée.

     

Le milieu :

 

Les cultures intensives sont des camps de concentration pour végétaux qui accumulent des composés toxiques (biologiques et chimiques comme les métaux lourds) contre lesquels les amendements ne peuvent plus rien. Les sols sont stérilisés et ne subissent plus les biotransformations naturelles induites par les microfaunes et microflores telluriques.

 

Les solutions :

La répression des fraudes manque d’effectifs et de moyens. L’INRA, qui était à l’origine un organisme de conseils sur le terrain, s’enferme dans ses laboratoires. Les programmes des écoles spécialisées sont étonnamment pauvres et incomplets et produisent des BTSA et des ingénieurs qui manquent de pratique, possèdent de graves lacunes et leur nombre est insuffisant pour couvrir l’ensemble du territoire.

L’agriculture raisonnée est actuellement incontournable puisqu’elle représente 95 % de l’agriculture française. Cependant, le terme de raisonné est ambigu car il n’y a pas de structure officielle (trop de structures : pas de structures) susceptible de contrôler le respect des cahiers des charges pour limiter l’impact du chimique et des OGM sur l’environnement et la santé.

L’agriculture bio est du point de vue sémantique un curieux pléonasme. Son cahier des charges est flou voire inexistant et elle est environnée de champs cultivés chimiquement. D’autre part, une culture « bio » qui laisse se développer des pathogènes ou des maladies peut produire des aliments particulièrement toxiques (mycotoxines, ochratoxines, vomitoxines …) susceptibles d’induire des toxicoses dangereuses.

L’agriculture bio-dynamique, malgré sa réputation ésotérique, souffre des mêmes risques que la précédente mais s’en distingue par une pratique beaucoup plus proche des lois de la nature. Les rythmes chronobiologiques en relation avec les rythmes cosmiques sont pris en considération ; les traitements (silice, bouse de vache, tisanes de plantes…) permettent un développement harmonieux réactionnel du végétal sur un sol bio-équilibré. Le végétal combat naturellement ses agresseurs biotiques grâce à une résistance naturellement induite. Les produits consommés sont sains et dépourvus de molécules de synthèse.

Ce dernier type de pratique culturale doit donc être privilégié. Des études scientifiques préliminaires en viticulture, initiées par le Syndicat International des Vignerons en Culture Biodynamique, ont permis de confirmer la qualité des sols, des vignobles et du produit final le vin par rapport à un vignoble conduit en culture raisonnée.

Il conviendrait donc de modifier les mentalités qui consistent à privilégier le rendement et la rentabilité qui inévitablement ont des effets pervers sur l’environnement et la santé, au profit d’une agriculture plus naturelle qui garantit la santé des consommateurs

 

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